À Luceau, au sud de la Sarthe, une grosse charpentière de chêne de plus de six mètres s’était rompue sous son propre poids et restait suspendue au-dessus du jardin. La cliente, une fidèle, nous a appelés en urgence. On a sécurisé le chêne à la nacelle, puis on a profité de la venue pour mener tous ses travaux d’automne : quatre tilleuls en tête de chat, une haie de dix sapins abattue et rognée, des haies de laurier et de magnolia rabattues. Trois jours de chantier, et une propriété qui passe de l’arbre menaçant au jardin prêt pour l’hiver.
Jour 1 : une branche de six mètres en suspens
Une charpentière, c’est une des grosses branches maîtresses qui partent du tronc et portent la ramure. Sur ce chêne, l’une d’elles avait cédé sur son propre poids : trop longue, trop chargée au bout. Elle pendait, cassée mais retenue, au-dessus des allées où l’on circule dans le jardin. Une branche cassée qui tient encore n’est pas une branche stabilisée : c’est une chute qui attend son moment.
On a sorti le camion-nacelle plutôt que de grimper. Je l’avoue, ce chêne était très joli à grimper, et le grimpeur en moi l’a regretté. Mais le rendement compte : la nacelle nous a fait gagner plus d’une demi-journée sur la grimpe, et ce temps gagné, c’est un devis qui reste raisonnable pour la cliente. Sur ce genre de travail, où il faut se déplacer de dix ou quinze mètres autour du même arbre, la nacelle vous met sur un nouveau poste de travail en quelques secondes, là où le grimpeur doit replacer toute son installation.
Le point délicat : une des charpentières surplombait un ruisseau et la propriété du voisin sur plusieurs mètres. Hors de question de laisser tomber quoi que ce soit. On a donc démonté branche par branche, puis tronçon par tronçon, avec un système de rétention : des poulies installées dans l’arbre, la corde reliée au sol, et Ethan en bas qui descendait chaque morceau le long du tronc, en douceur, là où il devait aller.
Côté clôture, une branche très déjetée, c’est-à-dire partie de travers loin du tronc, filait à huit ou neuf mètres au-dessus du champ de l’agriculteur voisin. Là, un nœud de bois serré autour de la branche, une poulie de renvoi posée plus haut dans l’arbre, et la corde pour la faire basculer exactement où on voulait : dans la trouée, l’espace libre entre les branches. Une poulie de renvoi, c’est ce qui permet de choisir où tombe une branche, au lieu de la regarder choisir.

Au passage, on a fait une taille de correction sur le reste du houppier, la partie feuillue de l’arbre : raccourcir le bout des longues charpentières pour les alléger. Une branche moins longue fait moins levier, résiste mieux et laisse mieux passer le vent, ce qu’on cherche avant les coups de vent de l’hiver.
Les branches ont été broyées sur place, et les copeaux sont restés à la cliente pour pailler son jardin. Le bois, lui, a été billonné, c’est-à-dire coupé en tronçons, pour le chauffage. On essaie de ne rien perdre et d’amener le moins possible en déchetterie.

Jour 2 : quatre tilleuls en tête de chat, et une haie de sapins qui ne servait plus
Le deuxième jour, on s’est attaqué aux quatre tilleuls, de très beaux sujets plantés près du garage et des bâtiments. Ils étaient déjà conduits en tête de chat, la dernière taille remontait à environ trois ans : on a repris le rythme.
La tête de chat, c’est une taille qui consiste à couper chaque année (ou tous les quelques ans) toutes les pousses au même endroit, sur des moignons qui finissent par grossir en boules : les fameuses « têtes ». Son grand avantage près d’une maison : l’arbre ne fabrique jamais de grosse branche. En réponse à la coupe, il relance des dizaines de petites pousses, toutes en même temps, toutes de faible diamètre. Aucune ne prend le dessus pour devenir une branche maîtresse lourde, cassante, qui surplombe un toit ou un accès.
Mon avis en une phrase : devant un gros arbre trop près d’un bâtiment, la tête de chat évite parfois l’abattage. Un arbre à grosses charpentières collé à une maison, on sait qu’un jour ou l’autre il posera problème ; conduit en tête de chat, il reste maîtrisable. La contrepartie, c’est la régularité : une fois engagée, cette taille s’entretient, on ne l’abandonne pas.

On a ensuite abattu une haie de dix sapins en mauvais état. Plantés autrefois pour cacher la propriété, ils avaient été dépassés depuis par les arbres voisins, qui assurent aujourd’hui ce rôle. Les sapins, eux, dépérissaient et ne faisaient plus que grignoter de la place sur le jardin. Abattus, broyés sur place, copeaux gardés. Puis on a rogné les souches avec notre rogneuse moyenne, la Toro STX-26 : montée sur chenilles, elle passe un portillon de jardin et nous a permis d’accéder au verger, en pente. Pas de souches laissées à hauteur de cheville : le chantier est rendu propre, sans rien pour se prendre les pieds.
Jour 3 : les haies, rabattues sur du sain
Le dernier jour, place à l’entretien : des haies de laurier et de magnolia. Mal taillées des années plus tôt, elles avaient repoussé leurs têtes sur des parties pourries. On les a rabattues, c’est-à-dire fortement réduites, jusqu’à retrouver du bois sain, puis on a fait la taille d’entretien par-dessus.
La taille de haies fait partie des petits travaux de jardinage qui ouvrent droit au crédit d’impôt des services à la personne, et la cliente en a profité : voici comment ça fonctionne.
Une seule entreprise, de la cime à la souche
Ce qui a fait plaisir à la cliente, c’est de n’avoir qu’un seul interlocuteur pour tout : la mise en sécurité d’un chêne qui prenait beaucoup de place, les tilleuls, l’abattage, le rognage et les haies. Un seul passage, une seule équipe, et un jardin rendu net.

Côté budget, un repère : un élagage démarre à partir de 159 € par arbre sur une petite taille. Ce qui fait monter un chantier comme celui-ci, c’est la hauteur, la rétention au-dessus d’un ruisseau et d’une propriété voisine, et le nombre de journées d’équipe. Le devis détaille tout, ligne par ligne.
Un arbre vous inquiète, du côté de Château-du-Loir ou ailleurs en Sarthe ?
Le sud Sarthe et la vallée du Loir font pleinement partie de nos tournées : voyez ce qu’on fait à Luceau et autour. La visite et le devis sont gratuits : 02 43 78 18 67, ou passez par notre formulaire de contact.
Jonathan, élagueur en Sarthe depuis 2009. Qui sommes-nous ?
Sources : la réduction de couronne et la taille en têtard (tête de chat) sont des techniques décrites par les normes de taille ANSI A300 et les bonnes pratiques de l’International Society of Arboriculture ; le crédit d’impôt des petits travaux de jardinage est détaillé sur service-public.fr.
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