Accueil Le blog

On vous répond, en élagueurs

Élagage et bruit : les horaires en Sarthe, et ce qui a changé côté matériel

Un élagueur au travail au-dessus des toits d'ardoise, entre les maisons, en centre-ville du Mans

Qu’un chantier d’élagage fasse du bruit, personne ne le découvre en lisant cette page. Ce qui est moins évident, c’est d’où vient ce bruit, parce que ce n’est pas là où on l’imagine. Voici ce que la loi autorise en Sarthe, ce qui se passe en vrai avec les voisins, et ce que le matériel récent permet de faire quand il ne faut déranger personne.

D’où vient le bruit d’un chantier

Sur une journée, la tronçonneuse coupe peu. On monte, on installe une corde, on dégage une branche, on redescend. Le temps où la chaîne mord dans le bois représente une petite part de la journée.

Mais une tronçonneuse thermique, entre deux coupes, elle tourne. On ne coupe pas le moteur à chaque branche, surtout accroché dans un arbre à huit mètres. Elle tourne au ralenti, et le ralenti d’un deux-temps porte loin. Votre voisin n’entend donc pas les vingt minutes où on coupe : il entend les six heures où le moteur est allumé.

L’autre machine à connaître, c’est le broyeur. Lui tourne en continu pendant qu’on lui donne les branches, et sur beaucoup de chantiers c’est la source de bruit la plus longue de la journée.

Ce que la loi autorise en Sarthe

L’arrêté préfectoral du 23 mai 1996, modifié en 2003, prévoit deux régimes différents que l’on confond souvent.

Pour vous, chez vous : jours ouvrables de 8 h 30 à 19 h 30, samedis de 9 h à 19 h, dimanches et jours fériés de 10 h à 16 h.

Pour une entreprise qui intervient chez vous, la règle n’est pas la même. Nous devons interrompre les travaux entre 20 h et 7 h, et toute la journée les dimanches et jours fériés, sauf urgence. Ce qui donne une situation contre-intuitive : en semaine, une entreprise peut légalement démarrer plus tôt que le voisin qui tond sa pelouse, et le dimanche elle n’a aucun créneau alors que lui en a un.

Votre commune peut resserrer ces horaires, et plusieurs l’ont fait :

CommuneCe qui s’applique
Fayl’arrêté préfectoral tel quel
Neuville-sur-Sarthedimanches et jours fériés strictement interdits
Saint-Pavacécoupure du midi imposée, 8 h 30 à 12 h puis 14 h 30 à 19 h 30

En pratique, il est extrêmement rare que nous démarrions avant 8 h, soit une heure après ce que la loi nous permet. Ce n’est pas une faveur, c’est simplement le rythme dans lequel vit la plupart des gens.

Une exception, saisonnière : les jours de canicule. Travailler dans un arbre à 35 degrés l’après-midi n’a de sens ni pour la sécurité ni pour la qualité du travail, alors on démarre au plus tôt de ce qui est permis. Mais pas n’importe où : ces journées-là se calent sur les grands parcs, les fonds de jardin, la campagne. Rarement en plein lotissement. Le reste de l’année, la règle des 8 h tient.

Le cas qu’on ne peut pas deviner, en revanche, c’est celui des gens qui travaillent de nuit et dorment le matin. Là, il faut nous le dire.

Ce qui se passe avec les voisins

Rarement quelque chose.

Les clients qui nous interrogent vraiment sur le bruit se comptent sur les doigts d’une main. Un chantier d’élagage chez un particulier dure une journée, deux au plus, et un arbre qu’on entretient est une chose que tout le monde comprend.

Le seul conseil utile : prévenez vos voisins la veille. Un voisin averti trouve normal ce qu’un voisin surpris trouve pénible, en particulier s’il rentre de congés ou travaille chez lui. Ce mot-là vous revient : ce sont vos voisins et votre rue, et une entreprise qui irait sonner chez eux à votre place ne vous rendrait pas service.

Si des branches surplombent leur terrain, ou s’il faut passer chez eux pour accéder à l’arbre, c’est un autre sujet : là il faut un accord en amont, et on en parle ensemble pendant la visite.

Le Mans, en plein centre-ville : le chantier se déroule au-dessus des toits, à quelques mètres des fenêtres voisines

Le matériel a changé

Depuis quelques années, les fabricants sortent des tronçonneuses à batterie qui tiennent la production professionnelle. Ce n’était pas le cas avant : les machines existaient, elles ne suivaient pas une journée de chantier.

Nous en avons trois : une Stihl MSA 300 C avec sa batterie AP 500 S pour le travail au sol, et deux poignées hautes pour la grimpe, la Husqvarna T542i XP et la génération précédente, la T540i XP.

La Stihl MSA 300 C sur batterie, posée contre une grume fraîchement coupée : ni réservoir d'essence, ni échappement, et aucun bruit entre deux coupes

Sur une photo, rien ne la distingue d’une tronçonneuse classique, et c’est bien le problème : ce qu’elle change ne se voit pas, ça s’entend.

Ce que ça change, c’est précisément le point vu plus haut : une machine à batterie ne produit aucun bruit tant qu’on n’appuie pas sur la gâchette. Pas de ralenti, pas de moteur qui tourne dans le vide. Elle se réveille quand elle mord et se rendort aussitôt. Sur une journée, ce n’est plus un fond sonore permanent, ce sont quelques minutes de bruit réparties dans la journée. La différence est nette, et elle s’entend bien davantage que ce que les fiches techniques laissent supposer, parce que ces fiches mesurent une machine en train de couper, pas une journée de travail.

Il n’y a ni fumée ni odeur d’essence non plus, ce qui compte quand on travaille l’été près de fenêtres ouvertes.

Ce que ça ne change pas. Une tronçonneuse à batterie n’est pas silencieuse : quand elle coupe, elle s’entend, et nous gardons nos protections auditives. Elle ne remplace pas le broyeur, qui n’existe pas en version batterie à ce niveau de production. Et elle a un périmètre d’emploi : on ne débite pas une forêt à la batterie. Sur du gros volume, c’est la thermique qui travaille, et vouloir le contraire ne rendrait service à personne.

Quand on les sort

Les endroits sensibles. Il nous est déjà arrivé de travailler à proximité d’un hôpital : dans ce cas, le matériel à batterie s’impose de lui-même.

Le télétravail, devenu le cas le plus courant. Nous travaillons en journée continue, sans arrêt entre midi et deux, ce qui raccourcit le chantier d’une bonne demi-journée. Quand on vous l’annonce et que vous nous indiquez que vous êtes en visioconférence à dix mètres des arbres, on bascule sur les machines électriques pour tout ce qui peut se faire ainsi. Ce n’est pas quelque chose qu’on chiffre.

Un voisin dont vous savez qu’il ne le supportera pas : bébé qui dort, travail de nuit, personne malade à côté. Dites-le-nous, cela change ce qu’on charge le matin.

C’est en centre-ville que la question revient le plus, comme pour ce ginkgo démonté au ras des toits, au Mans, où les fenêtres des voisins étaient à quelques mètres de la corde.

Le mot de Jonathan. Il nous arrive de basculer sur les machines électriques sans que personne ne l’ait demandé. On arrive, on voit des enfants qui font la sieste, une famille qui déjeune tranquillement dehors, et on travaille deux heures en électrique. La plupart du temps, les gens ne s’en rendent même pas compte. C’est justement à ça qu’on voit que c’est réussi : quand on finit par être inaudibles et invisibles. Et ce sont des machines avec lesquelles on prend vraiment plaisir à travailler, donc ça ne nous coûte rien de le faire.

Ce que ça coûte, pour vous situer

Une intervention d’élagage démarre à 159 €. Ce qui fait varier un chiffrage, c’est la hauteur, l’accès et le volume de bois à sortir. Le choix de la machine n’entre pas dans le calcul : nos tarifs, expliqués poste par poste.

Un arbre à tailler dans un environnement serré ?

C’est une contrainte qu’on regarde pendant la visite, au même titre que l’accès et l’état de l’arbre. En faisant le tour du jardin avec vous, on voit où sont les fenêtres d’à côté, à quelle distance on va travailler et par où le camion peut entrer. C’est à ce moment-là qu’on sait ce qu’on peut adapter, et on vous le dit tout de suite.

Le Mans et sa couronne concentrent les jardins les plus serrés du département, et c’est là que ce matériel sort le plus souvent.

La visite et le devis sont gratuits : 02 43 78 18 67, ou passez par notre formulaire de contact.

Vos questions

Peut-on élaguer un dimanche en Sarthe ? Vous, chez vous, oui : de 10 h à 16 h, sauf si votre commune l’interdit, ce qui est le cas à Neuville-sur-Sarthe. Une entreprise, non : l’arrêté préfectoral interdit aux professionnels de travailler les dimanches et jours fériés, en dehors des interventions urgentes. Un élagueur qui vous propose de venir un dimanche pour vous arranger est hors des clous, sauf dérogation écrite du maire.

À quelle heure une entreprise peut-elle commencer le matin ? 7 h en Sarthe selon l’arrêté préfectoral, sauf commune plus restrictive. Nous démarrons très rarement avant 8 h, soit une heure plus tard que ce qui nous est permis. L’exception, ce sont les journées de canicule, où l’on part au plus tôt pour éviter les heures les plus chaudes, et plutôt sur les chantiers isolés que dans les lotissements. Si vous travaillez de nuit et dormez le matin, signalez-le : c’est la seule situation qu’on ne peut pas deviner.

Une tronçonneuse à batterie, c’est vraiment moins bruyant ? Oui, et pas là où on l’attend. L’écart ne se joue pas sur la coupe elle-même mais sur tout le reste du temps : une thermique tourne au ralenti en permanence, une batterie ne produit rien tant qu’on n’appuie pas. Sur une journée entière, le voisinage entend donc quelque chose bien moins souvent. Elle n’est pas silencieuse pour autant, elle ne remplace pas le broyeur, et sur du gros volume d’abattage ce n’est pas la bonne machine.

Dois-je prévenir mes voisins avant un chantier d’élagage ? Aucune obligation légale tant que le chantier reste chez vous et dans les horaires autorisés. C’est simplement le geste qui évite la quasi-totalité des frictions, et il vous revient. En revanche, si des branches surplombent leur terrain ou s’il faut passer chez eux, il faut un accord en amont : on en parle à la visite.

Sources : arrêté préfectoral de la Sarthe n° 960-1758 du 23 mai 1996 relatif à la lutte contre les bruits de voisinage, modifié par l’arrêté n° 03-1295 du 18 mars 2003 (articles 5 et 8) ; arrêté municipal de Neuville-sur-Sarthe du 9 décembre 2020 ; arrêté municipal de Saint-Pavacé du 29 septembre 2004.


Jonathan, élagueur en Sarthe depuis 2009. Qui sommes-nous ?

← Tous nos chantiers racontés · Voir la carte de nos interventions