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Chantier raconté — Notre-Dame-du-Pé

Entre l'urgence et la sève : un tilleul cassé par l'orage, remis en forme au bon moment à Notre-Dame-du-Pé

L'allée de cupressus après le coup de vent, une branche cassée arquée au-dessus du passage, à Notre-Dame-du-Pé
Avant le chantier, ce qu'on peut ramasser soi-même et quand appeler un élagueur, puis les engins au travail 3 min 38Avant le chantier, ce qu'on peut ramasser soi-même et quand appeler un élagueur, puis les engins au travailFilmé sur place par l'équipe, sans mise en scène. La vidéo s'ouvre au clic, jamais toute seule.

À Notre-Dame-du-Pé, au sud de Sablé, un coup de vent de la mi-juillet a cassé près de la moitié du houppier d’un grand tilleul, à deux pas de la terrasse, des branches de cupressus au-dessus de l’allée des voitures et un catalpa entre les maisons. On est intervenus le 29 septembre, pas avant, et c’était voulu. Le tilleul, toujours debout, a retrouvé une forme équilibrée, les passages sont rouverts, et nos clients n’ont payé qu’une seule venue.

Un coup de vent, et une partie de la propriété fermée

Le houppier, c’est la couronne de l’arbre, toute sa partie feuillue. Ce soir-là, le tilleul en a perdu près de la moitié : de grosses branches cassées, affalées au sol près de la terrasse, et d’autres restées accrochées dans ce qui tenait encore. L’arbre lui-même était debout, mais pour le mettre en sécurité il fallait encore retirer une bonne part de sa ramure : les charpentières fendues (les grosses branches maîtresses) et tout ce qui pendait.

Plus loin, les cupressus de l’allée avaient cassé en hauteur, juste au-dessus du passage des voitures, avec des branches en suspens les unes dans les autres. Et le catalpa menaçait le chemin qu’on prend à pied entre les habitations.

Une branche cassée qui tient encore n’est pas stabilisée : elle attend son coup de vent. Les propriétaires ont donc vécu tout l’été avec une partie de chez eux interdite d’accès.

Les branches cassées en juillet, encore au sol au pied de la maison

Deux mauvais choix, et il fallait en prendre un

C’est le genre de chantier où le conseil n’est pas simple à donner. D’un côté, la sécurité et le confort : des gens privés d’une partie de leur propriété, des branches au-dessus des voitures, un grand arbre cassé près de la terrasse. Tout pousse à venir vite.

De l’autre, l’arbre. Au cœur de l’été, avec les grosses chaleurs et la sécheresse qu’on a connues, les arbres sont déjà en tension. Un tilleul qui vient de perdre la moitié de sa couronne, si on lui retire encore une grosse part de ce qui lui reste en pleine chaleur, on le prive des feuilles qui le nourrissent au moment où il a le plus soif. Une taille lourde en pleine chaleur ajoute un stress à un arbre qui en porte déjà un. On risquait d’achever ce que le vent avait commencé.

Et il y avait un troisième poids dans la balance : la route. Le chantier est à plus d’une heure de notre dépôt de Ruaudin, avec la nacelle, le gros broyeur et le Dingo à amener. Faire une mise en sécurité d’urgence en juillet, puis revenir à l’automne pour le reste, c’était deux mises en place de chantier, deux convois, et une facture qui s’en ressent.

Mon avis en une phrase : sur un arbre cassé mais qui tient debout, mieux vaut interdire les abords et attendre la bonne saison que tailler lourd en pleine chaleur. Si une branche avait menacé de lâcher sur quelqu’un, on serait venus sans attendre, pour la seule mise en sécurité.

Un consensus pour fin septembre

On a pris la décision ensemble : attendre la fin de l’été, que la sève redescende et que les chaleurs passent, et tout faire en une seule fois. Entre-temps, le dossier d’assurance a suivi son cours : on a fourni aux clients un devis détaillé, poste par poste, que leur assureur a pu instruire avant l’intervention.

Ce n’est pas la solution parfaite. C’est la meilleure qu’on ait trouvée entre trois choses qui tiraient chacune de son côté : la sécurité, la santé des arbres et le prix. Quelquefois, le vrai travail d’un élagueur commence avant la tronçonneuse, dans le conseil.

Le jour du chantier

Le 29 septembre, on a monté le chantier avec trois engins. Le camion-nacelle pour la hauteur, sans grimper : sur des branches enchevêtrées et fendues, la nacelle permet de choisir son angle d’attaque sans s’appuyer sur du bois qu’on sait abîmé. Le gros broyeur, un Schliesing de 30 centimètres, qui avale les fourches larges et les tas de branches en vrac. Et le Dingo, notre petit porte-outils sur chenilles, équipé de sa pince à grume pour lui amener le bois sans marquer le terrain.

Un tronc de cupressus fendu par le vent, vu depuis le panier de la nacelle

Les branches au sol n’étaient pas les plus faciles. Une branche tombée se met souvent sous tension, pliée contre le sol ou contre une autre : à la coupe, elle se détend d’un coup, comme un ressort. C’est sur ce genre de chantier qu’on prend le plus de précautions : on lit d’abord dans quel sens le bois travaille, puis on coupe pour le libérer en douceur. Ce que vous pouvez ramasser vous-même après un coup de vent, et ce qui demande un pro : on l’explique ici.

Depuis la nacelle : un cupressus fendu, et le Dingo qui dégage les branches au pied

Sur le tilleul, on a retiré les parties cassées et déchirées, repris les ruptures par des coupes nettes, puis rééquilibré ce qui restait pour que l’arbre ne tire plus d’un seul côté. Le tilleul supporte bien ce genre de reprise : il répond à la taille en relançant de nombreuses pousses, c’est d’ailleurs l’une des essences qu’on conduit le plus volontiers en tête de chat. Le résultat nous a fait plaisir : une forme vraiment agréable, loin de l’arbre déchiré du matin, et des clients franchement contents.

Le tilleul en fin de journée, sa couronne rééquilibrée

Même chose sur les cupressus au-dessus de l’allée, repris un par un depuis la nacelle, sur le catalpa et sur deux arbres du verger. Les branches sont passées au broyeur sur place, les troncs ont été coupés en billons, c’est-à-dire en tronçons, pour le chauffage.

Le Dingo et sa pince à grume nourrissent le gros broyeur, la nacelle en fond

Profiter de la venue, et finir propre

Comme on avait un peu de temps devant nous, les clients ont voulu profiter qu’on soit là pour faire sécuriser quelques autres zones de la propriété. Avec les engins sur place, c’était le bon moment : pas de nouvelle venue à organiser.

Et puis il y a la fin de chantier. Le nettoyage n’était pas compris dans le devis, mais on ne laisse pas une propriété comme on l’a trouvée après un coup de vent. On a soigné la finition comme si elle était au devis, et c’est souvent ce qui marque le plus nos clients.

La propriété vue depuis la nacelle en fin de chantier

Combien coûte une sécurisation après tempête ?

Un repère pour commencer : un arbre dangereux qu’on peut faire tomber d’un bloc se traite à partir de 289 €, et un élagage démarre à partir de 159 € par arbre sur une petite taille. Ce qui fait monter un chantier comme celui-ci, c’est la nacelle et le broyeur à amener, le nombre d’arbres, le bois cassé qui oblige à travailler lentement, et la distance. D’où l’intérêt de tout grouper en une seule venue. Le devis détaille chaque poste, ce qui sert aussi pour l’assurance.

Vos questions

Des branches sont tombées après un coup de vent : quand faut-il appeler un élagueur ?

Quelques branches au sol, de petite taille, à portée de main : si vous êtes équipé et que vous savez vous servir d’une tronçonneuse, vous pouvez souvent vous en charger. Dès qu’une branche est suspendue dans l’arbre, qu’un tronc est fendu, ou qu’une branche au sol est pliée sous tension, appelez un professionnel : c’est là que se produisent les accidents. En attendant, n’y touchez pas et interdisez le dessous, allées comprises. Les signes qui doivent alerter sont détaillés ici : Arbre dangereux : que faire ?

Mon assurance prend-elle en charge les arbres abîmés par une tempête ?

Ça dépend de votre contrat. La garantie tempête de l’assurance habitation couvre les dégâts du vent sur les bâtiments assurés ; les arbres eux-mêmes, leur dégagement ou leur remise en état sont couverts par certains contrats seulement, parfois en option pour le jardin. Deux réflexes augmentent vos chances : prendre des photos et des vidéos dès que possible, et demander un devis détaillé poste par poste, qu’on fournit pour que votre assureur puisse l’instruire.

Peut-on tailler un arbre abîmé en plein été ?

On peut toujours mettre en sécurité ce qui menace de tomber, en toute saison. En revanche, une taille lourde, qui retire une grosse part de la ramure, se déconseille en pleine chaleur et en période de sécheresse : l’arbre, déjà en tension, perd les feuilles qui le nourrissent. C’est une autre affaire qu’une taille légère d’été, dont on parle dans notre article sur la taille en vert. On vous dit, sur place, ce qui peut attendre et ce qui ne peut pas.

Un arbre abîmé par le vent, vers Sablé ou ailleurs en Sarthe ?

Notre-Dame-du-Pé, on y vient depuis 2021, et le sud-ouest du département a ses tournées comme les autres secteurs : voyez ce qu’on y fait. La visite et le devis sont gratuits : 02 43 78 18 67, ou passez par notre formulaire de contact.


Jonathan, élagueur en Sarthe depuis 2009. Qui sommes-nous ?

Sources : Code des assurances, article L122-7 (Légifrance), pour la garantie tempête ; International Society of Arboriculture, Best Management Practices: Tree Pruning, et norme ANSI A300, pour la taille des arbres en stress hydrique et la réaction du tilleul à la taille ; fiches de sécurité de l’OSHA sur les branches sous tension lors du nettoyage après tempête.

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