À Parigné-l’Évêque, une ligne de thuyas desséchés fermait le fond d’un jardin clos, entre un grillage et l’allée du potager. Ethan et moi l’avons abattue, broyée et ses souches rognées le 1er octobre. La cliente n’a plus de haie morte à entretenir, son terrain est rendu à des plantations, et on n’a eu besoin ni de pelle mécanique ni de toucher au grillage.
Une haie qui ne se relèvera pas
La haie n’avait plus rien d’une haie. Côté jardin, une partie des pieds était déjà brune et sèche, et de l’autre côté elle continuait de dépérir. Ce n’est pas un manque de soin : les étés secs à répétition ont eu raison de ces thuyas, comme de beaucoup d’autres en Sarthe ces dernières années. Le thuya est un conifère à l’enracinement plutôt superficiel : quand la sécheresse revient d’une année sur l’autre, il a peu de réserve où puiser. Et un sujet affaibli attire ses ennemis, à commencer par le bupreste, un petit coléoptère dont les larves creusent sous l’écorce des thuyas et des cyprès.
La cliente n’avait plus le temps de l’entretenir, et franchement, entretenir une haie morte n’a pas de sens. Le bon geste était de l’enlever, souches comprises, pour rendre le terrain à autre chose.

Un jardin fermé de tous les côtés
Tout le sujet de ce chantier, c’était l’accès. La haie longeait le grillage, au fond d’un jardin clos, avec derrière elle peu de place pour manœuvrer. Pour sortir des souches de thuyas, la méthode classique, c’est la mini-pelle : on creuse, on arrache la motte, on l’évacue. Ici, ça voulait dire faire entrer un engin là où il ne passe pas, et très probablement défoncer le grillage pour atteindre les souches depuis l’intérieur du terrain. Une haie à enlever, un grillage à refaire : la facture aurait doublé pour un problème qu’on n’avait pas.
Trois dépenses évitées
Pas de pelle : la rogneuse
Le rognage consiste à fraiser la souche sur place, en copeaux, jusque sous le niveau du sol, au lieu de l’arracher. Pour ce jardin, on a amené notre Toro STX 26, une rogneuse sur chenilles de largeur très contenue : 86 centimètres. Elle a fait le tour par la rue, puis s’est faufilée entre le composteur et le grillage, là où aucun autre engin ne passe quasiment. Une rogneuse étroite transforme un jardin sans accès en jardin accessible. Les souches ont été rognées en profondeur, pour détacher la motte de ses racines et laisser la place aux futures plantations.

Pas de grillage à refaire
La rogneuse travaille au pied de chaque souche, sans creuser autour ni arracher de motte : le grillage et ses poteaux sont restés exactement où ils étaient.
Moins de voyages à la déchetterie
Côté rue, on avait garé le gros broyeur, notre Schliesing qui avale des branches de 30 centimètres. Plutôt que d’emporter les thuyas entiers, on les a broyés sur place. Une branche broyée prend bien moins de place qu’une branche entière : on en met plus dans une benne, on fait moins de tours en déchetterie, et c’est autant d’économisé sur la facture du client. Sur une haie de résineux, dont les branches sont touffues et pleines de vide, la différence se voit vite.

Un mot de la météo, parce qu’elle comptait ce jour-là : grand soleil, et on travaillait en t-shirt. Après l’été qu’on a eu, la canicule derrière nous et pas encore les froids d’hiver, ce genre de matinée d’automne, c’est notre récompense. Les thuyas, eux, n’ont pas eu cette chance.
Le jardin rendu
En fin de chantier, le grillage est dégagé, le terrain ratissé, et la bande de terre qui portait la haie est libre. D’après ce que la cliente nous a dit, elle devrait accueillir des plantations potagères et des plantes grimpantes. On n’a pas seulement enlevé une haie morte : on a rendu un morceau de jardin.

Ce chantier dit quelque chose qu’on répète souvent : dans les jardins clos, la solution la moins chère est presque toujours celle de la bonne machine. Chez Allô Jonathan, on a trois rogneuses de trois tailles : la plus grosse pour des chantiers presque forestiers, la plus petite qui passe le pas d’une porte, même en centre-ville, et la STX 26 entre les deux, qui sort le plus souvent. Le même raisonnement, dans un jardin du Mans : une souche inaccessible, venue à bout par moins de 90 centimètres de machine.
Combien coûte l’enlèvement d’une haie de thuyas ?
Pour vous situer : un abattage démarre à partir de 269 €, et un rognage de souche dédié à partir de 139 € tout compris. Sur une haie, ce qui fait le prix, c’est la longueur, la hauteur des pieds, l’accès et le volume à évacuer ; le rognage, lui, devient dégressif quand les souches s’enchaînent. Pour un repère sur un chantier plus grand, notre ligne de vingt-deux thuyas à Marçon est détaillée. Le chiffrage exact se fait sur place, et la visite ne coûte rien.
Vos questions
Ma haie de thuyas brunit : faut-il l’abattre ?
Pas toujours. Un thuya qui brunit par endroits peut venir d’un coup de sec passager, d’une taille trop sévère dans le vieux bois, ou d’un parasite. Mais le thuya ne repart pas du bois nu : une partie grise et sans aiguilles ne reverdira pas. Quand la moitié de la haie est dans cet état, comme ici, l’entretenir revient à payer chaque année pour une haie qui continue de mourir. On vient voir, et on vous dit honnêtement ce qui peut être sauvé.
Peut-on planter un potager après le rognage des souches ?
Oui, et c’est même l’avantage d’un rognage en profondeur : la motte est détachée de ses racines, la terre redevient travaillable. Un conseil de terrain : retirez la plus grande partie des copeaux de la bande à planter, ou laissez-les seulement en surface. Des copeaux de bois frais mélangés à la terre consomment de l’azote en se décomposant, au détriment des légumes la première saison. Mis en tas, ils feront un très bon paillage l’année suivante.
Pourquoi ne pas arracher les souches à la pelle ?
Dans un grand terrain ouvert, la pelle se défend. Dans un jardin clos, elle demande un accès qu’on n’a pas, laisse un trou qu’il faut reboucher, et met souvent en danger ce qui est autour : grillage, allée, massifs. La rogneuse travaille sur place, en largeur réduite, et laisse un sol à niveau.
Un arbre ou une haie à reprendre, à Parigné-l’Évêque ou autour ?
Parigné-l’Évêque, c’est notre voisine : on y travaille depuis 2011, voyez ce qu’on y fait. La visite et le devis sont gratuits : 02 43 78 18 67, ou passez par notre formulaire de contact.
Jonathan, élagueur en Sarthe depuis 2009. Qui sommes-nous ?
Sources : Insects (MDPI), 2020, sur le bupreste Lamprodila festiva, ravageur des Cupressacées d’ornement ; principe de la « faim d’azote » des copeaux de bois frais incorporés au sol.
← Tous nos chantiers racontés · Élagueur à Parigné-l'Évêque · Voir la carte de nos interventions
Allô Jonathan