À Parigné-l’Évêque, un centre de soins posé en pleine forêt nous a confié ses arbres : des bouleaux abîmés au-dessus du parking, deux grands bouleaux morts au-dessus de l’entrée piétonne, et des pins chargés de bois mort le long des allées de promenade. Les 13, 14 et 15 octobre, on a taillé, démonté et abattu ce qui menaçait les voitures et les passants. Le centre n’a jamais fermé : on a travaillé par zones, pour ne gêner ni les soignants ni les familles en visite.
Un lieu qui ne s’arrête pas
Le cadre est magnifique : un bâtiment au milieu des bois, des allées sous les arbres. Mais c’est un établissement de soins, et en hiver, sous des arbres mal entretenus, le lieu peut paraître un peu morose. Surtout, les arbres y sont partout : au-dessus du parking, de l’entrée, des sentiers où les patients se promènent.
Le défi n’était donc pas seulement technique. Il fallait sécuriser sans fermer, et sans gêner ni les soignants ni les familles qui venaient voir leurs proches. On a découpé le site en zones, signalé chacune au panneau et aux cônes, et on a amené du gros matériel, pour que chaque zone se tienne en quelques heures plutôt que de s’étirer.
Un décor de film
Ce chantier avait une seconde raison d’être. Le lieu doit servir de décor à un film policier, et la sécurisation en est, un peu en annexe, la préparation. Le gestionnaire technique du parc me l’a dit : un lieu plus clair, plus propre, mieux entretenu, ça passera mieux sur la pellicule.
Je lui ai proposé, à moitié pour rire, de faire de la figuration. Dans le métier du cinéma, on appelle « ombres » les figurants qui ne paraissent pas au générique : un élagueur en grimpe dans un arbre pendant que les acteurs parlent en bas, ça montre qu’il y a des gens qui entretiennent le lieu. S’il m’appelle, je pense que je dirai oui.
Premier jour : le parking
Sous les bouleaux du parking, des morceaux de bois pourris pendaient au-dessus des voitures stationnées. Des arbres peu entretenus, ou mal entretenus. On a fait des tailles de correction sanitaire, qui retirent le bois mort ou malade pour que l’arbre se porte mieux, et des tailles de sécurisation, qui ôtent ce qui peut tomber.
On était trois. J’étais en semi-grimpe dans les petits arbres, c’est-à-dire que je travaille dans l’arbre depuis des points d’accroche, sans monter chaque fois jusqu’en haut. Ethan et Enzo, au sol, descendaient et sortaient les branches. Les arbres étaient petits, mais le résultat est franc : la lumière qui entre sur le parking change l’allure de tout le lieu.
Sur une des photos, un champignon en console, un polypore, est accroché au tronc. Il se loge dans du bois qui se dégrade : c’est le genre de signe qu’on apprend à lire avant de monter.

Deuxième jour : l’entrée, à la nacelle
L’entrée piétonne qui mène à l’accueil était sous deux gros bouleaux de plus de 20 mètres, morts, qui menaçaient de tomber sur les passants. Là, pas de demi-mesure : on a mis le camion-nacelle et on a fait un démontage de sécurité, c’est-à-dire un arbre descendu morceau par morceau, en contrôlant chaque coupe, plutôt que coupé d’un bloc.
C’est moi qui étais dans la nacelle. Ethan s’occupait du débardage, c’est-à-dire de sortir le bois de la zone, et Enzo du broyage : les branches passaient au broyeur de 35 chevaux. Le Dingo, notre porte-outils sur chenilles, amenait les branches. Ensuite, on a tous les trois nettoyé la zone, à la fin, pour la rendre propre.

Le sous-bois : des pins nettoyés jusqu’au cœur
Le long de la zone de promenade, sous les arbres, il y avait deux sortes de menaces. Des arbres morts, qu’on a abattus. Et des pins de plus de 20 mètres dont les troncs et les pieds de houppier portaient du bois mort, parfois plusieurs dizaines de kilos d’un seul morceau. On a nettoyé ces pins presque jusqu’au cœur du houppier, c’est-à-dire la couronne de branches. On a aussi relevé les houppiers bas, partout.

Au total : trois démontages et quatre petits abattages, plus les tailles. Et on en a profité pour sécuriser la chaussée tout autour, là où ces morceaux seraient tombés.
À retenir. Dans un lieu fréquenté, le danger n’est pas toujours la grosse branche vivante : c’est le bois mort, qu’on ne remarque plus. Plusieurs dizaines de kilos suspendus au-dessus d’une allée, c’est un accident qui attend le prochain coup de vent.

Troisième jour : le bois, le moins possible en déchetterie
Le client ne voulait pas garder le bois. On l’a donc récupéré : une benne de camion, aux deux tiers à peu près, évacuée le 15 au matin pour être donnée. Notre règle est d’en amener le moins possible en déchetterie : chez nous, c’est très rare.
Ce que le lieu y a gagné
D’abord la sécurité : plus de bois pourri au-dessus des voitures, plus de bouleaux morts au-dessus de l’entrée, plus de gros bois mort au-dessus des promeneurs. Ensuite la lumière, qui entre maintenant sur le parking et sous les pins. On sent que c’est entretenu, et ça change l’ambiance du lieu. Le gestionnaire technique du parc a été très satisfait, et nous aussi.
Combien coûte un chantier comme celui-ci ?
Un élagage démarre à partir de 159 € par arbre, un abattage à partir de 269 €, et un arbre dangereux à partir de 289 €, souvent moins qu’on ne le craint. Ce qui fait monter un chantier comme celui-là : la hauteur, la nacelle, le nombre d’arbres, et surtout le fait de travailler dans un lieu ouvert, où il faut zoner et avancer par étapes. Regrouper les gestes sur trois jours, c’est aussi payer une seule fois le déplacement. Le chiffrage exact se fait sur place, gratuitement.
Des arbres qui vous inquiètent, à Parigné-l’Évêque ou ailleurs en Sarthe ?
Parigné-l’Évêque, c’est notre voisine : près de cinquante chantiers depuis 2011, dont, ce même mois, une haie, une mare et un toit libérés. La visite et le devis sont gratuits : 02 43 78 18 67, ou passez par notre formulaire de contact.
Jonathan, élagueur en Sarthe depuis 2009. Qui sommes-nous ?
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